Rien de trop.
La mesure, situation d'équilibre entre deux excès contraires. La profusion enivre, l'extrême rareté exténue.
Trop d'éléments, d'objets, de nuances, une profusion inépuisable d'aspects, et l'on se perd. Ce que l'on fait parfois avec plaisir, mais parfois seulement : se perdre sans cesse reviendrait à s'int erdire tout recul, tout point de vue, toute tentative de rassembler cette diversité pour lui donner une unité. Si l'on se perd, on ne parvient pas à se représenter. On pourrait se perdre dans le dénombrement des chaumes qui parsèment ce champ, les différentes directions des brindilles qui ont résisté au vent, à la pluie, au gel. Mais que regarderait-on ? Rien qui constitue une représentation. A l'inverse, éliminons le plus possible de cette diversité, faisons-la disparaître. On obtiendra d'abord trois masses, que l'on réduira, par une nouvelle abstraction des détails, à trois rectangles. Plus rien qui soit descriptible, représentable. Et l'on ne parvient plus, alors, à se situer, à s'orienter : plus de regard. Plus qu'une interrogation sur ce qui est. Et ce qu'on y fait. Avec comme réponse : rien.
Entre le dédale produit par le luxe inépuisable et le précipice ouvert par la disparition à la limite, il faut trouver une mesure.
Si l'on a pour projet de représenter.
Si l'on laisse être un regard.