Des souvenirs pour toute richesse.

Publié le par Impressions éphémères, le blog

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Des lignes simples et une confusion d'éléments insoumis. La clarté produite par le dessin du fer forgé, des charpentes, des fenêtres, alors qu'elle devait régner en maître absolu, subit le lent travail par lequel les modifications incessantes de la matière manifestent son insoumission. L'art impose la règle pensée par la raison. La nature ignore l'intention, la maîtrise des formes : elle fait surgir les nuances du délitement progressif, la variété des oxydations et les gonflements de ce qui pourrit. Devant ce qui ressemble à une révolte, à une insoumission,  il ne reste que l'intervention patiente, qui cherche à prévenir, parfois à guérir, mais toujours à temps.  Mais il y a un point de non-retour.

Pour l'oeil du passant à l'affût des hésitations, des surprises, l'abdication devant la puissance rongeuse des intempéries, de l'humidité dominatrice, paraît évidente. Avec l'hypothèse d'un calcul visant à laisser la vétusté des lieux les rendre inhabitables, et vouer l'édifice à la démolition. Comment imaginer autre chose qu'une gloire ou simplement une réussite désormais défuntes ? Et de voir dans le temps une puissance d'érosion, de destruction, plutôt que d'édification. Or, le temps est aussi ce que les hommes en font. Il est pour eux l'occasion de montrer quel monde ils s'engagent à faire exister. Le regard lit tout cela. Et l'imagination, à peine sollicitée, l'appuie de toute sa puissance : des histoires émergent, sont essayées, reprises, poursuivies, arrêtées, redéployées. Si le temps provoque à l'action, il invite aussi à l'évasion. Il donne prise aussi bien à l'intelligence qu'à la libre invention.

Et puis, le regard, parcourant les lieux, découvre une plaque. Dipartimento delle Finanze. Il ne doit plus rester dans les coffres que des souvenirs...une richesse d'un certain genre.

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