Pourquoi aller au-delà ?
Connaître l'origine ou le début a quelque chose d'extraordinaire. Nous sommes situés dans un courant qui nous précède, nous emporte, et qui nous laissera un jour sur la berge. Il doit bien commencer quelque part. Ce quelque part, une fois découvert, ne révèle-t-il pas le sens de tout ce qui suit ?
Près de Pontarlier, à Mouthe, apparaît le Doubs, entre deux roches, sous forme d'une exurgence. Il devient rapidement un torrent avant de s'assagir. Courbet était originaire d'Ornans, à une quarantaine de kilomètres de là. On lui doit une réflexion esthétique sur l'origine. Ironique, peut-être aussi.
Dans les deux cas, une évidence : ce qui se présente comme le début, n'est qu'un moment qui en suit d'autres. Et il ne donne sens que pour qui le décrit, le ressent comme tel. Le regard, ici comme souvent, est l'origine inaperçue du sens qui se trouve projeté sur un être, un objet, une situation. Parce qu'elle est inaperçue, elle continue à être inlassablement cherchée. Avec une inquiétude et une avidité que rien n'apaise. Pourquoi ne pas se satisfaire de l'eau qui apparaît, coule, chante ? De la présence désirée ? Pourquoi au-delà ?