Il est temps de réapprendre à croquer la vie.
Photographier c'est aussi se donner la liberté de révéler le réel. Aussi. Au mieux. LA difficulté. Parfois, en lieu et place de cette révélation, l'imagination, un peu plate ou épuisée, se contente de produire une manière d'insister sur le banal, non sans grossièreté. Parler d'écologie, cela ne peut consister qu'à verdire. Sans cette couleur, tout ne sera que gris, ou blancheur maladive. C'est de bonne guerre contre les berlusconnisantssarkozissants brûlés aux UVA . Soit. Mais la vulgarité ne saurait être un atout pour se libérer de la vulgarité. Pourquoi ne pas laisser une pomme, qui, face à ces lèvres, paraît grosse comme une tomate cerise (bio dans les deux cas, cela va presque sans dire) faire pâlir un peu plus ce mauvais carnaval éditorial ? Finalement, la nature, aux couleurs heureuses, fait passer l'artifice pour ce qu'il est (parfois, souvent, que chacun choisisse) : une convention sans profondeur, au sens épuisé, une espèce de vampire. Dommage, si l'on croit que c'est le seul chemin viable qu'il nous reste. On devrait pouvoir dire autre chose, ou au moins autrement. Ou alors c'est le maquillage qui est en cause...