La puissance aveuglément inventive de la nature.
La nature ne ménage parfois pas ni sa puissance ni ses effets. Elle n'hésite même pas à donner toute sa place à un arbre, dût-elle pour cela faire disparaître le ciel. Une espèce de divinité primaire, cet arbre. A ce point peu enclin à respecter les règles de l'harmonie, de l'équilibre, qu'il laisse se déployer ce qui cherche à exister en lui. Sans retenue, sans mesure. Alors le tronc tourne das le sens contraire de l'horloge. La droite ne fait plus loi, la courbe variée s'épanouit.
Il y a là, peut-être, l'image de ce qui persistera et se redéploiera lorsque nous aurons à ce point épuisé notre monde que le néant seul gardera le souvenir de notre passage dans l'univers. On ne détruit pas la nature, mais seulement certaines des formes qu'elle a inventées. Elle en inventera toujours d'autres.