... les nuages qui passent...là-bas...là-bas...
Qui n'aimerait être l'"extraordinaire étranger" de Baudelaire ? S'il s'en trouve passant ici, il se sera égaré, mais pourrait en profiter pour interroger son insensibilité. Comment ne pas éprouver à la vue des nuages autre chose que de l'amour ? Leur présence, défi à la permanence, véritable provocation à notre attente de certitude, exprime l'évanescence de toute chose. Contre les mots qui nous donnent le sentiment que l'on peut arrêter le mouvement, définir de manière générale ce qui n'est que singulier, ils font apparaître que "ne pas être" constitue la réalité.
On se plaît alors à se faire oiseau, alors qu'aucun ne vole aussi haut. Il faut alors retourner à notre monde, bien limité, enclos, et, depuis un hublot chichement accordé, regarder un peu ce qui toujours échappera.