Gorille à la sauce RGPP : indigeste !
"C'est à travers de larges grilles,
Que les femelles du canton,
Contemplaient un puissant gorille,
Sans souci du qu'en-dira-t-on"
Brassens s'en est allé retrouver ses copains ; le gorille est resté, a élu résidence dans une galerie, derrière une balustrade, un environnement composite, à la fois néoclassique et protestataire, grille fragile. Il a maintenu son guet, délaissé par les discrets regards concupiscents. Immobilisé par une naturalisation qu'il aurait préféré éviter, il est devenu le vestige d'une puissance défunte, cousine de cette résistance faite de signatures et de dessins, pacifique, avouant sa faiblesse, forte de son refus sans issue. Le Palais de la Découverte a perdu son indépendance au prétexte de rationalisation des moyens. Pourquoi cette surdité opposée à ceux qui défendaient ce service public de la connaissance ? La RGPP (révision générale des politiques publiques, lancée en 2007) obéit à une mélodie autrement séduisante, faite de sept questions:
• Que faisons-nous ?
• Quels sont les besoins et les attentes collectives ?
• Faut-il continuer à faire de la sorte ?
• Qui doit le faire ?
• Qui doit payer ?
• Comment faire mieux et moins cher ?
• Quel doit être le scénario de transformation ?
Si vous lisez bien, vous comprendrez qu'il existe implicitement des réponses aux questions 3 à 7 :
3) non (sinon la RGPP n'a pas de sens),
4) le privé, afin de diminuer les imôpts de manière minusculissime,
5) le public (vous, moi, et si nous n'en avons pas les moyens, tant pis pour nous),
6) pas de problème, on va trouver, en diminuant le nombre de ceux qui travaillent pour le service public, et en confiant le plus possible au privé, on dira alors que c'est mieux parce que nous qui menons la RGPP nous sommes de grands communicateurs,
7) voir la réponse précédente.
Cette fois-ci l'administration a eu raison du gorille.