Regarder pour comprendre.
Le regard se perd dans le quotidien. Toute occasion de l'aiguiser est bonne. Admirateur de profils féminins, je n'observais que le prolongement de la courbe de la tête qui, du cou, s'élevait juqu'à la point de la Tour devenue chapeau, ou, par touchers délicats, passait du menton aux lèvres, du nez au front et de là plus haut, les nuages, le bleu du ciel, plus loin encore. Les rubans introduisant quelques lignes marquant les directions d'un mouvement ascendant : un maintien, une lisibilité, renforcés par ce visage si nettement dessiné, calme par le regrd tourné en soi.
On peut aussi lire une soumission, la perte d'un existence indépendante. On doit même certainement le faire. Tout, dans cette pose, est à ce point calculé, maîtrisé, qu'elle est obéissance à une construction dont on ne saura jamais si elle est pleinement acceptée ou simplement intériorisée. S'il s'agit de dire que la sophistication est parisienne, et que la feminité (comme mouvement qui, sans cesse, recherche l'expression la plus admirable et parfaite de ce que doit être une femme) y est à son climax, le propos est réussi. Mais il y a aussi un silence soumis, dans lequel quelque chose de la vie s'est absenté : l'imprévu, le surprenant, le dérangeant, le naturel. En un mot le véritable charme, celui que la différence, de la singularité de l'existence personnelle. Ce qui fait que l'on est soi.
Ces affiches, si didactiques, qui ne peuvent séduire (elles le refusent certainement et dans leur intention et dans leur contenu) parce qu'elles n'usent pas des instruments de la communication efficace, ont permis à mon regard de se retrouver, au lieu de se perdre une fois de plus.
Je ne renie pas la lecture esthétique ; je cherche à ne pas y réduire ma présence au monde.