Attendre, ou les nouvelles abstractions.
L'attente, pour ne pas être complètement vaine, demande à disparaître. Regarder, écouter, être attentif. Ce qui passerait inaperçu, le décor, surgit. Un improbable tapis révèle une intention, sans la dévoiler. Les ombres qu'il laisse projeter des brins qui en émergent sont autant de caractères d'une langue inconnue, certainement orientale, peut-être d'une haute antiquité.
Des plans, transparents, solides ou liquides, porteurs d'un ordre précis, rassurant peut-être, jouent de la transition, de l'aller-retour entre ici et là-bas, intérieur et extérieur. Le mouvement, au moins celui de regard, se donne la liberté de jouir de l'espace.
Et les obliques introduisent un désordre feutré, brisant avec régularité horizontales et verticales. Elles laissent entendre que le règne des plans est révolu... et elles n'ont de cesse que d'imposer le leur.
Attendre, et délivrer le décor du design hypnotique. Y voir les premiers rayons de la révolte. Pas plus, parce que pour la révolution, il vaut mieux arpenter les rues et regarder vers le bas, là où devrait gronder ce qui est méprisé. C'est une autre histoire.