Un banc, comme un tremplin.
Un banc. Lieu de repos et d'attention, d'attente aussi. Pas de résignation : de préparation à un départ que l'on n'imaginait pas le sien quelques années auparavant. Depuis ce banc, à peine à l'ombre de discrètes branches, les nuages à portée de voix et de main, le temps se regarde, cieux dans les cieux. Un plongeoir permet de d'élancer pour défier l'eau, s'imposer avec force, s'étonner de franchir l'air si vite, s'enfoncer loin avant de remonter en doutant que l'on parviendra à émerger. Un tremplin offre l'occasion de s'envoler, de se croire plus vif que la puissance qui nous retient au sol, avant que son pesant appel ne permette plus de douter de l'issue. Il reste à retrouver le sol sans en pâtir. Ce banc donne l'élan et l'envol. Il libère de l'inquiétude de retrouver l'air, il confie à lui. Le poids a disparu. Reste l'impression du surplomb, du jeu avec les nuages. L'occasion d'imaginer, de laisser les images apparaître, proposer des mondes, les laisser s'évaporer et rejoindre l'azur tout vibrant d'elles.
Ce banc, à flanc de montagne, adossé à un arbre : mon tremplin pour rejoindre l'air vif de mes impressions éphémères.
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