Transition et transmission.
Ce qui s'achève ne s'arrête pas, mais prend une autre forme, parfois peu perceptible. Une rivière, fût-elle de faible calibre, d'une puissance modeste, se donne à un fleuve souverain dans son mouvement. Y voir l'image de l'existence sauve celle-ci de son inquiétude qui tourne à l'angoisse lorsque l'on lui fait face. Et les images, quoique ne valant pas les raisons, l'emportent sur celles-ci par l'adhésion qu'elles produisent. Cette image est incontestable tant que l'on parle de cet héritage que ceux qui nous précèdent nous ont légué, et que chacun a en charge de prolonger pour le transmettre à son tour. Mais l'on perd aussi, malgré tout, ce à quoi chacun tient tant, son identité, simple support transitoire auquel se fixent les émotions et d'où elles émergent aussi. Ce changement de forme est le lieu du deuil, de la mélancolie, de la confrontation à soi.