Respect pour certaines épaves.
Glorieux ou modeste, conquérant ou pacifique, son destin est souvent unique : il échoue. Que ce soit en bâteau ou en vélo, on navigue avec l'espoir d'arriver toujours au port. Il arrive que l'on se perde en mer, ou que l'on perde sinon les pédales, du moins une roue. Tout ne se vaut pas cependant. La fragilité de la bicyclette suppose une attention qui suffira à jouir de l'ivresse des petites vitesses (l'amazone dieppoise faisant exception, malgré son respect exemplaire de la conduite bienséante du deux roues non motorisé), alors que la puissance prétentieuse conduit parfois à l'aveuglement coupable des capitaines mercenaires de l'or noir. D'où la sympathie indéfectible méritée par l'une, et la colère suscitée par l'autre.