Que cherche-t-il ?
Où regarder et où être ? Derrière le masque que chacun porte en présence des autres, ce masque qui dit qui nous désirons être pour eux, l'inquiétude de se situer, l'inquiétude de se projeter en assumant la situation dans sa complexité. Etre attentif à elle, multiplier les points de vue pour y inscrire quelque chose de soi. Cette attiude que l'on a souvent sans calcul, sans distance, l'artiste la vit avec une conscience plus ou moins aiguë. L'acteur, au théâtre, portait un masque (personna) qui signifiait à la fois sa présence et ce retrait. Le clown maintient cette tradition. Ce plasticien aussi qui met en scène son personnage. Il regarde ici et ailleurs, maintenant et auparavant dans l'océan de l'art auquel il participe.
Quand il regarde non plus latéralement mais vers le haut, que cherche-t-il sinon un ciel plein des paroles de ceux qui l'ont précédé ? Pour les prononcer à sa manière. Les faire sonner au travers de son masque. Les faire résonner à sa manière afin que ses contemporains les entendent à sa manière, mais peut-être à la leur aussi. Que faut-il entendre, précisément ? Peut-être que chacun doit se mettre en quête de ce qui n'est pas donné, tout-prêt, tout-fait, mais de ce que nous avons à élaborer pour qu'il y ait du sens, à partir de nous.