Hésitations.

Publié le par Impressions éphémères, le blog

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La nature ignore la droite, la raison repousse l'absence de rectitude. Les artifices qu'elle impose, tel ce banc, manifestent leur nostalgie de la courbe imprévisible, du mouvement accidentel, de l'infinie diversité des formes qui, pourtant, affirment la puissance du vivant. La vie résiste tant que la force qui l'anime persévère. Elle résiste à la chute dans le plus court chemin : elle vagabonde, découvre le temps, se donne la liberté du changement. Elle ignore l'identique, l'abstrait, l'appauvri, le faible. C'est aussi ce qui fait d'elle une puissance aveugle, terrible, injuste. La justice n'aime que la mesure. La vie crée sans compter. Elle écrase aussi.

Parce que la raison n'y parvient pas : elle découvre, invente, bricole, mais ne crée pas. Alors elle hésite. Faire plier la nature en la soumettant à ses normes : produire un banc. Eprouver la nostalgie d'un monde perdu : elle s'arrête pour regarder, admirer, sentir qu'elle en vient, mais qu'elle ne peut plus le retrouver, le rejoindre.

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B
<br /> revenu sur ce banc, j'ai lu le texte.<br /> En effet, un oeil et une oreille discrètement philosophes s'expriment de concert.<br /> <br /> <br />
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I
<br /> <br /> L'idée d'un concert entre un oeil et une oreille (même s'il s'agit d'une expression concertante) me séduit. Cela me conduit, par association d'idée, à l'image suivante : allongé sur le banc,<br /> l'oreille collée à lui entend le souvenir du pouls de l'arbre qui résonne encore, et l'oeil guette, au cas où une branche commencerait à apparaître. Le banc pourrait, dans ce rêve (car pour être<br /> ainsi allongé, il faut au moins somnoler, et rêvasser), recouvrer sa vie. Je vous dois ces images issues d'une association qui me plaît. Un conte, à la Lewis Carroll, pourrait trouver là son<br /> premier moment.<br /> <br /> <br /> <br />
B
<br /> D'abord un grand merci pour le commentaire laissé hier sur mon blog.<br /> C'est au delà du plaisir de voir que ce que l'on fait peut résonner chez d'autres personnes et vous l'avez exprimé avec générosité.<br /> Je viens donc à mon tour de faire la visite complête de votre jeune blog, à travers les images mais sans lire les textes.<br /> Je m'excuse de négliger ce qui semble important pour vous, les mots qui accompagnent les photos, mais dès que l'on a une douzaine d'habitués à visiter, celà prend trop de temps et il faut bien le<br /> dire, si on ne veut pas passer sa vie sur les blogs, on va vite.<br /> Ce que je ressens après cette visite ? un travail sensible, des images qui cherchent à "parler" , à ouvrir sur un monde intérieur.<br /> La présentation générale est d'une sobriété qui me plait beaucoup et la mise en page des textes est visuellement très bonne.<br /> J'ai le défaut de m'intéresser seulement aux photos sur les blogs, aussi chercher à mieux vous percevoir au travers de vos mots ne me correspond pas .<br /> Vos photos me laissent imaginer une solitude, je ne saurais dire pourquoi.<br /> <br /> <br />
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I
<br /> <br /> Au risque de manquer d'imagination, à moi de vous remercier. Vos mots me touchent. Comme votre engagement esthétique.<br /> <br /> <br /> <br />