Douceur et violence : fausse élégance de la rupture.
Août 2007, Venise, Biennale d'art contemporain, Pavillon Français. Sophie Calle.
Comment rompre en mêlant le ton grand seigneur, la sollicitude, le renvoi à la solitude ? Comment faire "éthique" là où les affects seuls font régner la loi du plus fort ? "Prenez soin de vous", écrivit à Sophie Calle son amant pour conclure son fax de rupture. Cacher la violence de la fin décidée d'une histoire sous le voile de la bienveillance. Que dit d'autre cette conclusion, ce signe de la main, coup de poing après caresses ? Elle en fit l'occasion d'une oeuvre d'art, en demandant à 107 femmes de s'approprier le fax qui s'achève par cette phrase pour en proposer une expression. Cent sept propositions composeèrent le Pavillon français. Ainsi, Sophie Calle s'affranchissait de son amant et de son amour définitivement imparfait.
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