Des miroirs.
Si les yeux sont les miroirs de l'âme, il existe de nombreux miroirs du monde. Les cuivres, naturellement, engendrent des images qu'ils colorent de leur être. Porteur de la mémoire des usages que l'on a pu en faire, ils ont acquis une histoire faite de traces variées, rayures, bosses. Le monde, au lieu d'être reproduit à l'identique, moyennnant une simple symétrie, change. Il n'est pas déformé, mais interprété. Il est alors regardé depuis un passé sans date qui livre une autre forme, qui fait surgir une variation à partir de laquelle ce que nous voyons devient une apparence, parmi d'autres apparences. Il reste que ce que nous regardons bénéficie de notre adhésion, parce que nous pensons y vivre. Mais c'est une manière de se raconter ce qui existe, comme le reflet dans la caserole en cuivre est une autre manière.