Chaussons qui pointent leur soie.

Publié le par Impressions éphémères, le blog

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Le rideau, rouge, offre et dérobe.  Attendre, les yeux rivés sur l'interstice entre scène et drapé puissant, et deviner les mouvements des ombres, des bruits, des silhouettes de pieds, de chaussures ou de chaussons. Entre ce qui est caché et ce qui se donne, le désir de regarder le spectacle que l'on espère s'alimente. L'impatience tente de s'installer, moment propice pour imaginer. Combien seront-elles à tisser l'espace en entrecroisant la trame du temps proposée par le musicien et la chaîne de leur corps ? Les chaussons qui se laissent apercevoir se dérobent puis la laissent à nouveau apparaître, cette soie  qui manifeste le soi à la fois fragile et affiché dont ils sont la pointe admirée. Le rideau, rougi du plaisir de décider du moment de l'apparition, se réserve le privilège de protéger quelques instants encore les espoirs et les inquiétudes de celles et ceux qui ne rêvent que d'effleurer le sol. Et d'être, par l'admiration que leur légèreté doit susciter.  Abolir le corps comme poids, le faire advenir comme pur souffle de rêve.
A l'instant plus de bruits de sauts, d'effleurements. Plus d'ombres sous le rideau. Il va s'effacer.
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