Un autre monde.
De l'autre côté de la porte, un autre monde apparaît. Dérobé, isolé par cet écran qui limite le regard et empêche l'accès réel, la libre disposition de ce lieu. Hors d'atteinte, il devient cet ailleurs si important, l'autre de l'ici quotidien habité par l'habitude. L'autre définitif. Parce que l'on ne vit ni ne visite jamais ailleurs. Notre présence fait l'ici, le "de ce côté-ci", le chez soi. Pour peu que l'on ne développe pas d'amour exclusif du même, ou que l'on reconnaît qu'il en va autrement qu'ici, on commence à comprendre que le désir est fait de la possibilité de lier ici et ailleurs, de ce côté et de l'autre. Mais aussi que l'autre monde est désirable parce qu'il est ce que l'on n'atteindra pas, et qui alimentera à jamais le désir. Ne plus désirer : avoir fait disparaître l'autre (monde, côté). Mourir à soi parce qu'on a fait mourir l'autre.
De l'autre côté de la porte réside le monde que je désire.