Rentrer en soi.
Dans la force de l'âge la séduction opère. Même si des signes apparaissent que le temps a posé, laissant à chacun l'occasion de déchiffrer ce qu'il en est de soi, la puissance permet de dépasser le cadre, de sentir que l'on est aussi autre.
Puis quelque chose commence à s'affaisser. La consistance peut offrir au flasque l'occasion dissoudre, sans que l'apparence soit perdue. Le travail s'opère de l'intérieur. On peut feindre de l'ignorer. Reconnaître a sa vertu : cherche où l'on réside vraiment.
La lumière, après avoir longtemps flatté, souligné la délicatesse des contours, du jeu des valeurs de teintes, révèlent les reliefs. Ce qui reste d'un passé glorieux. L'humilité devient la direction qui laisse sur le bord du chemin le regret.
Chercher en soi ce qui reste. Du dehors, on sourit. Du dedans, on pourrait se désoler ; mais ce qui demeure commence à apparaître. La complexité d'une figure qui découvre les paysages que l'on est. La légèreté acquise d'avoir oublié la pesanteur du lisse.
Le soleil redevient le véritable allié. De séducteur, l'on est devenu à la fois pierre et plume : enveloppe qui mime la pétrification, papier froissé porteur de messages désormais en soi, prompt à s'envoler. Attente d'un néant qui ne viendra pas, parce qu'il y a toujours un reste. Ce que l'on laisse après soi, que l'on ne peut soupçonner, qui ne pourra être identifié. Soi en d'autres.