Premier pas vers le voyage.
Comment s'inviter au voyage ? D'abord ne pas s'attacher à ici, l'oublier en tournant le regard, en lui proposant de modifier la courbe de son mouvement. Par exemple, là où un horizon sans histoire, un peu fade, quotidien, s'impose, chercher un cadre. En reserrant ainsi le lieu, il devient possible de lui trouver un autre sens. Un muret masque le lointain, deux abres délimitent, chacun à sa manière, avec sa vie propre, l'ouverture vers l'ailleurs. Et la plongée tant espérée se trouve différée par des des sursauts de lumière decvenue fleurs. Dès lors la description du moment à respirer l'ailleurs peut commencer. Description livrée à l'intuition, aux émotions, aux variations produites par des images soudaines venues dont ne sait où (et l'on s'en moque). Un paysage de Toscane se découvrira lorsque l'on franchira le seuil de ce cadre, avec des couleurs et des senteurs que l'on n'avait pas notées avec autant d'acuité. Même si l'on n'y est jamais allé. C'est même préférable, parce que l'on ne peut être déçu. Et sur le petit chemin qui monte depuis l'ombre des arbres abritant un ruisseau, celle que l'on attendait approche. Regarde et sourit. Bien sûr. Le voyage a commencé.