L'eau comme point de vue.
Lorsque l'eau impose sa présence sans partage, ou à peu s'en faut, elle joue. Elle rappelle au regard qu'il n'y a que des points de vue, du relatif, pas forcément de l'équivalent (tout ne se vaut pas !). En particulier que l'exigence de précision dans le détail, de richesse des nuances, a sa pertinence, et que l'intérêt porté aux transparences variées a la sienne. L'objectivité illusoire de la perfection de la vision mérite d'être mise en question : l'oeil qui devient aveugle de Monet ou de Degas trouve dans une autre vision ce qui est admirable. "C'est très bien de copier ce qu'on voit, c'est beaucoup mieux de dessiner ce que l'on ne voit plus que dans sa mémoire. C'est une transformation pendant laquelle l'ingéniosité collabore avec la mémoire. Vous ne reproduisez que ce qui vous a frappé, c'est-à-dire le nécessaire. Là, vos souvenirs et votre fantaisie sont libérés de la tyrannie qu'exerce la nature.", aurait dit Degas. Plus simplement, pour qui n'est qu'un amoureux modeste de la lumière et des formes, toute occasion de regarder autrement ouvre les yeux.