Faire vivre les lieux.
S'orienter dans l'espace : un impératif !... pour qui ne veut pas errer, s'inquiéter, sentir ses angoisses flamber au point de défaillir. Les bienheureux, même perdus, savent le paradis à portée de la main. C'est bien des inquiets et autres malheureux qu'il faut se préoccuper.
En particulier dans un lieu pensé pour accueillir ceux qui vont penser les lieux, c'est-à-dire pour les instruire. L'imagination et l'intelligence doivent unir leurs énergies respectives. Découvrir leurs richesses. Mettre au jour les accès les plus fins et efficaces à la réalité. Même la plus triviale, la plus physiologique, la plus animale donc.
Rien ne doit être abandonné ; tout devient objet de méditation. De colloque solitaire ou collectif. De débat ! Un enjeu : produire du sens, et même un sens univoque. Chacun doit à chaque instant savoir où il est, et surtout où il pourrait être, et principalement où il doit se rendre. Transformer un lieu en une espèce de livre ouvert à chaque instant à la bonne page. Celle que l'on a besoin de lire au moment même où la nécessité apparaît. Car on ne peut agencer des espces de telles sortes qu'ils répondent immédiatement au besoin ressenti. Il faut donc produire des circulations rendues évidentes par une signalétique transparente. Le rêve d'une langue universelle.
Cela mérite bien des études. Dans lesquelles l'esprit doit émerger, produire son monde, se retrouver chez lui partout. Alors l'esprit se met à faire de l'esprit, à signifier sans retenue, et les signes s'animent. Les lieux commencent à vivre, et l'angoissé à revivre.
Si l'architecture à venir vibre de cette manière, les conservateurs de tous poils ont perdu la partie... ils risquent de réclamer une revanche (les conservateurs sont toujours des revanchards).