Faire apparaître
Faire apparaître. L'un des centres d'une ville, en travaux. Là où l'on se croisait, circulait, démabulait : des obstacles, des éventrations, de l'inachevé qui semble durer plus que de raison. Des commerces ont déplacé leur activité, momentanément. L'imprévu, l'intempestif, le surprenant, tout cela devient possible. Une oeuvre dont un fragment a traversé le temps. L'espace, aussi. Par son surgissement l'imprévu acquiert sa nécessité. Amour enlace Psyché dont l'abandon lascif dévoile le plaisir à être. Ces deux là sont de passages ; Amour, surgi du néant, semble étonné par ce qu'il voit. Où son regard porte-t-il ? Nulle part. Ce qui donne à notre regard la liberté de découvrir ce qui l'entoure, de s'arrêter au lieu de passer, par habitude, d'abdiquer sa vérité. Le lieu apparaît alors. Par la puissance née de leur présence qui révèle toutes les absences : qu'y a-t-il ici ? Qu'y fait-on ? Ces questions valaient avant les travaux, et vaudront ensuite.
Cette installation, fait surgir d'un passé immémoriel des regards parfaits, jaillir le vide de ces lieux parcourus par des ombres en quête incessante d'objets. Et apparaître l'oubli de ce qui donne une authentique épaisseur à l'existence : être avec l'autre et par lui.