Décoration convenue...
L'homme aime à ce point la nature qu'il se voit en elle. Ou qu'il ne supporte en elle que ce qui est à son image. Un peu plus et il se prendrait pour un dieu. Il n'y a rien là de très nouveau. Les mythes, les contes et les fables sont pleins de ces aspects de la nature qui ont figure humaine. Or, on découvre dans nos villes des installations qui transforment des branches en statues anthropomorphes. L'image de la famille se rouve investie, avec son stéréotype : le père, devant, indique la voie, la mère le regarde et, reprenant le signal qu'il lui adresse, le rend visible à la descendance, composée de trois enfants, s'avance par ordre de taille. Une famille modèle, naturalisée. Expression peut-être osée, mais qui témoigne de mon léger agacement devant cet imaginaire pauvre au service d'une occupation très policée de l'espace. C'est somme toute plus disneyen que fantastique (je confesse considérer les productions de Disney, Alice au pays des merveilles mis à part - chef d'oeuvre, de mon point de vue -, comme le symptome de l'épuisement de l'imaginaire).