Un monde dans le pas.

Publié le par Impressions éphémères, le blog

IMG_0637.JPG

Chacun dispose d'un monde. Quel est le sien ? Maintenant, paisible pour ce cheval, selon toute vraisemblance, avec une touche de distance. Il garde son mystère. Pas parce qu'il est cheval, mais parce qu'il est autre. Comme tous les autres. Avec cette particularité qu'il ne peut pas chercher à exprimer, à décrire, à expliquer, à s'expliquer en tentant de se faire comprendre. Nous prétendons y parvenir. A tort.

Chacun dispose de son monde, et ce monde est inaccessible. Ce que l'on peut voir comme un enfer : condamné à ne faire accéder personne à soi, et à ne pas regarder ce qui existe pour l'autre, et ainsi brûler dans le désespoir de l'absence. Ou comme une route ouverte : libre de déployer son propre horizon, d'en explorer la singularité, d'en décrire ce que l'on veut, de jouer avec les autres en construisant un horizon commun, comme une place publique où l'on se retouve avant de rentrer chez soi. On peut osciller, passer de l'un à l'autre. Sur la route, les rencontres offrent de se dire que chacun doit tenir sur ses pieds, trouver en eux l'équilibre, le mouvement.  Elles permettent d'écouter les pas de l'autre, de faire entendre les siens. Ainsi se trouve-t-on à égalité avec le cheval qui ne cesse de faire résonner son monde dans son pas.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

brigitte 30/06/2010 19:21


il y a un plongeon dans le mystère à contempler cet oeil.
quelle vérité s'y cache ?
on y voit 2 personnes mais sont-elles encore humaines? où ont-elles été métamorphosées? et en leur métamorphose sont-elles devenues plus vraies ?


Impressions éphémères, le blog 30/06/2010 22:54



Voilà : nous ne pouvons que poser des questions. Le mieux, ensuite, est d'y répondre au bénéfice de ce qui est en jeu. Par exemple en se disant que le cheval dispose de la liberté de regarder ces
deux silhouettes comme il lui plaît.



Pastelle 26/06/2010 16:01


Et bien sûr, on "rencontre" virtuellement. La simple vue d'une photo peut changer ma direction de vie. La lecture d'un blog encore plus. Une correspondance c'est encore pire.
Bref même si je réalise parfaitement la différence entre les deux, le virtuel et le réel, en aucun cas je ne renierai l'importance de ce "virtuel".


Impressions éphémères, le blog 26/06/2010 17:20



Je ne la nie pas, mais je discute le fait qu'il y ait rencontre ; on y est préparé, mais guère plus. A cette nuance près, je reprends à mon compte ce que tu écris.



Pastelle 26/06/2010 15:58


Pardon. Confondu dans mon petit neurone Crikette et Sandrin, qui commentent toutes deux chez moi. Vont elles me le pardonner ? Et toi ?


Impressions éphémères, le blog 26/06/2010 17:19



En ce qui me concerne, tes commentaires seul m'importent...



Pastelle 25/06/2010 19:43


Je suis une lente. Ta note m'a particulièrement touchée, ce qui me ralentit encore.
La phrase "condamné à ne faire accéder personne à soi, et à ne pas regarder ce qui existe pour l'autre"
Regarder ne va pas. C'est voir le bon mot non ?
Parce qu'on essaie toujours de regarder, de comprendre. Et parfois on passe totalement à côté, à côté de la solitude de chacun. Mais on regarde pourtant.
J'aurais plutôt titré la photo : "Un monde dans l'oeil"
Et en lisant votre échange avec Crikette, je n'aurais sans doute pas eu tort. C'est tout un monde dans cet oeil, toute une histoire...
Quant aux rencontres, réelles ou virtuelles, pour moi elles sont souvent comme des embranchements. En fonction de l'une ou de l'autre, notre propre route dévie légèrement. Elles nous transforment
et nous enrichissent.


Impressions éphémères, le blog 26/06/2010 00:59



Voir conviendrait si d'abord l'on regardait ; mais le fait-on ? Ce nest pas si certain, ou plutôt je ne suis pas si certain de regarder (un peu de modestie : pourquoi les autres seraient-ils
aussi aveugles que moi ?).


Qui est donc cette Crikette dont tu me parles ? J'ai une hypothèse, mais j'ignore d'où vient ce pseudonyme. L'histoire m'en plairait certainement.


Rencontre-t-on virtuellement ? J'en doute. On ne peut que se mettre en situation de pouvoir rencontrer. Il n'y a de rencontre que réelle. Mais pas parce que l'on a quelqu'un devant soi ; parce
que l'on existe l'un pour l'autre (de quelque relation qu'il s'agisse). Peut-être mets-je trop dans la rencontre. Parce que j'aime rencontrer.



sandrin 24/06/2010 10:04


ta dernière phrase est très belle. j'ai toujours peur de mettr des compliments. car sur les blogs c'est assez facile et assez courant, sans que l'on soit toujours assuré de la sincérité du dire.
mais ta dernière phrase est très belle. Finalement pourquoi pas le dire ?
Photo comme texte je trouve que tout va bien ensemble. hahaha. d'une question posée par moi te voilà à tout remettre en question...il faut que je me méfie... dorénavant.


Impressions éphémères, le blog 26/06/2010 00:54



A part remettre en question ce que l'on crois, à quoi bon réfléchir ? Poursuis comme tu es.