Gravité et légèreté.

Publié le par Impressions éphémères, le blog

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Certaine situation éminente, afin de surmonter le scandale, doit se doubler de gravité. A moins d'être une divinité ou, à tout le moins, un héros : l'artifice que la pudeur exige pour le mortel (essentiellement commun) disparaît, la nudité témoigne de l'origine de tout jugement, impose plus que le respect, l'obéissance inconditionnelle.Même lorsque l'on trouve refuge sur le balcon d'un appartement au premier étage d'un immeuble bourgeois. A Paris. En vis-à-vis de l'Orangerie du Sénat.

Et cependant, on devine l'ennui (caché par la haute conscience de sa valeur) suscité par la pompe et les ors de ces édiles qui vivent de l'illusion de leur importance, eux qui, malgré la sagesse dont ils devraient témoigner, n'approcheront jamais, même de très loin, l'immortalité. Qu'ils sont vains ces petits messieurs et ces très rares dames ! Vains parce que suffisants, certains de disposer d'une sagesse qui les autorise à imposer, plus souvent qu'à leur tour, leurs aveuglements, leurs égarements. La gravité masque difficilement cet ennui : comme le temps passe lentement au spectacle de ces poussières ayant soudain pris forme humaine et qui l'auront bientôt perdue ! L'immortalité rend impassible, mais l'ennui fait émerger l'ombre de l'irritation, un instant. Allons, le printemps arrive : les formes vont se diversifier, la lumière les dessinera de manière changeante, les couleurs les feront viber. Ce sera transitoire, éphémère, mais permettra l'irruption soudaine de la beauté. Le retour de la légèreté.

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